Illustration de la fission nucléaire

La théorie de Lise Meitner

Par Mathéo Girardin Tarby
Publié le 22/10/2025 à 13h00

Comment une analogie simple a révélé l’un des secrets les plus puissants de la matière

Imaginez le cœur d’un atome : un noyau minuscule, dense, et déjà un peu instable. Que se passe-t-il si une particule encore plus petite vient le heurter ? En 1938, Lise Meitner, physicienne autrichienne en exil, a répondu à cette question avec une élégance scientifique rare. Sa découverte de la fission nucléaire a bouleversé la physique… et le monde.

Image vectorielle de Lise Meitner

Image vectorielle de Lise Meitner

Le noyau, une goutte prête à éclater

Pour rendre la fission compréhensible, Meitner et son neveu Otto Frisch ont eu une idée brillante : comparer le noyau atomique à une goutte d’eau. Prenez l’uranium, un élément lourd. Son noyau est comme une grosse goutte sous tension. Lorsqu’un neutron — une particule neutre — le percute, c’est comme si on secouait cette goutte. Elle se déforme, s’étire… et finit par se briser.

Photographie de Lise Meitner dans son laboratoire

Photographie de Lise Meitner dans son laboratoire

Une rupture qui libère une énergie colossale

La scission du noyau produit deux noyaux plus petits, plusieurs neutrons, et une quantité d’énergie phénoménale. C’est ce phénomène que Meitner a nommé « fission nucléaire ». Elle en a calculé l’énergie libérée, confirmant la célèbre équation d’Einstein : E = mc².

« La fission nucléaire est la division d’un noyau atomique lourd en deux noyaux plus légers. » Définition vulgarisée

Une réaction en chaîne aux multiples usages

Les neutrons libérés peuvent frapper d’autres noyaux, déclenchant une réaction en chaîne. Ce principe est au cœur des centrales nucléaires, où l’énergie est maîtrisée pour produire de l’électricité. Il est aussi utilisé en médecine, dans l’industrie… et malheureusement, dans l’armement. Meitner, fidèle à ses convictions, a toujours refusé de participer au projet Manhattan. Grâce à Lise Meitner, un processus complexe est devenu intelligible. Sa pédagogie et sa rigueur ont permis à la physique nucléaire de franchir un cap… et à chacun de nous d’en comprendre les bases.